La commanderie du Ruou

II s'agit surtout de droits de pâturage concédés par les seigneurs locaux au bétail de Ruou. Vers la basse Provence, au contraire, les acquisitions du Temple consistent surtout en terres, moulins, droits seigneuriaux divers et dans cette region, la commanderie n'etablit pas moins de six maisons annexes. D'autre part, vers le nord, l'accroissement du domaine se fait surtout grâce à des donations. Dans les chartes qui concernent cette partie de la Provence, on ne trouve qu'un ou deux achats. Vers le sud, on note, inversement, un nombre important d'achats dès le debut, auxquels s'ajoutent quelques donations. On a l'impression que c'est surtout dans cette direction qu'a porté l'effort d'expansion et que la commanderie s'y est implantée grâce à une politique suivie avec persévérance par les differents commandeurs.

En haute Provence, on note d'abord des droits de pâturage. Sur treize droits de paâurage concédés, huit concernent cette région : les Templiers pouvaient faire paître leur bétail dans les territoires d' Aups (donation de 1201), de Salernes (donation de 1205), de Châteaudouble (sur un tiers du territoire, donation vers le début du XIII" siecle), de Lagnes, au nord de la commune d' Ampus (donation de 1235), d' Aiguines (dans la partie du territoire possédée par les seigneurs de Flayosc, donation de 1236). Les deux dernières donations sont plus tardives et concernent toutes les deux la Provence montagneuse : en 1277, les Templiers reçoivent les quinzième et seizième parties des pâturages d' Aiguines et, en 1319, un droit de pâturage dans le territoire de Thorame-Basse. L 'utilisation de ces paturages est, bien entendu, liée à la transhumance (12).

De plus, les Templiers reçoivent quelques terres dans cette région, en particulier les terres de Lagnes dans la commune d' Ampus (donation de 1235) et celles de Saint-Maïmes, dans la commune de Trigance (acquisition antérieure à 1249 (13) ). Enfin, quelques donations concernent des droits de justice et des tenures.

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12. Dans une confirmation du droit de pâturage dans le territoire d'Ampus, i1 est précisé que la maison de Ruou a le droit de monter à ce pâturage et d'en descendre à sa commodité, mais devra donner un mouton à la montée et un à la descente.
Arch. départ. des B.-du-Rh., liasse 56 H 5283, p. IV.
13. Il y avait, en 1338, 600 seterées de terre arable à Lagnes et autant à Saint-Maïmes.

 

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